La vigne, sans cesse à refaire, à construire et à reconstruire. Remonter la terre vouée à l’implacable colère des dieux, là où la pente pousse en avant, là où la pierre cède, se fissure. Faire que cela tienne et dure encore. Inévitable bras de fer contre les éléments, fragile barrage face à un étrange Pacifique.
Et puis il y a la lumière et le ciel, la marche régulée des astres, leurs rythmes, leurs alignements et leur magnétisme.
Confronté à toutes ces inconstances, le vigneron compose. Faire deux fois le même vin n’est pas concevable. Tantôt tel rouge se montrera humble et discret mais subtil dans ses airs relevés. Tantôt plus fringuant, tel autre se vêtira d’insolentes manières faisant fière allure avec son encolure et son arrière-main rassemblées….
Alors, le vigneron-artisan devient Auteur de Vins. Il réinvente la route, ne serait-ce que pour la promesse d’un matin.
François Briclot – Tallard – 24 juin 2006